Mieux se concentrer, mieux retenir, mieux comprendre : et si tout commençait par une meilleure connaissance de soi ?
Dans ma pratique psychopédagogique, je constate chaque jour que les élèves, petits ou grands, connaissent souvent mieux leurs matières que leur propre manière d’apprendre. Or, se connaître — dans son rythme, ses émotions, ses préférences cognitives — est un levier essentiel pour progresser avec plus de plaisir et moins d’effort.
Voici quelques pistes pour commencer à mieux se comprendre en tant qu’apprenant.
1. Quel type de mémoire est le plus facile pour toi ?
Nous utilisons tous plusieurs types de mémoire, mais l’une d’entre elles peut dominer :
- La mémoire visuelle (tu te souviens mieux d’un schéma ou d’un tableau)
- La mémoire auditive (tu retiens ce que tu entends ou ce que tu répètes à voix haute)
- La mémoire kinesthésique (tu as besoin de bouger, manipuler, écrire, reformuler)
Petit test à faire à la maison :
Relis une leçon en trois étapes différentes : en la regardant, en l’écoutant (ou en la lisant à voix haute), puis en la réécrivant sans modèle.
Demande-toi : Quelle méthode m’a permis de mieux retenir ? Laquelle était la plus agréable ?
2. À quel moment es-tu le plus concentré·e ?
Il y a des moments dans la journée où l’attention est plus vive. Certains sont très efficaces le matin, d’autres en fin de journée.
Faire attention à son horloge interne permet d’optimiser ses plages de travail.
Astuce simple :
Pendant une semaine, note à la fin de chaque séance de devoirs :
- Ton niveau de concentration (sur 10)
- Le moment de la journée
- La matière ou l’activité
Tu commenceras à repérer des tendances. C’est le début d’un plan de travail plus intelligent !
3. Les émotions : ennemies ou alliées ?
La peur de rater, le stress, l’ennui, mais aussi la joie, la fierté, l’intérêt… toutes ces émotions influencent l’apprentissage.
Un cerveau stressé se ferme. Un cerveau curieux s’ouvre.
Un petit rituel utile :
Avant de commencer à travailler, prends une minute pour noter ton émotion du moment : agacé·e ? calme ? fatigué·e ? motivé·e ?
Ce simple geste permet de prendre du recul et, parfois, d’éviter une séance de devoirs sous tension.
4. Et toi, comment tu apprends ?
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’apprendre, mais des chemins à identifier. Un bon accompagnement peut aider à comprendre comment ton cerveau fonctionne, quelles stratégies te conviennent et comment mieux les utiliser.
C’est ce que je propose dans mes suivis en psychopédagogie :
- Repérer ses forces et ses points de vigilance
- Trouver des outils adaptés (méthodes, organisation, ancrages mnésiques…)
- Redonner du sens et de la confiance
5. Grandir ensemble : l’importance de l’interrégulation entre parent et enfant
Apprendre à se connaître pour mieux apprendre ne concerne pas seulement l’élève ou l’étudiant : c’est aussi un processus partagé avec son environnement, en particulier avec ses parents. Dans mon approche psychopédagogique, je m’appuie fortement sur ce principe d’interrégulation : la manière dont l’accompagnement éducatif par les adultes peut aider l’enfant ou le jeune à développer ses propres capacités d’attention, de régulation émotionnelle et d’organisation.
En quoi consiste l’interrégulation ?
Il s’agit d’un ajustement mutuel :
- Le parent soutient, guide, module son attitude en fonction des besoins repérés chez son enfant.
- L’enfant apprend progressivement, par imitation, dialogue et expérience, à s’autoréguler lui-même.
Par exemple :
- Quand un parent verbalise calmement une difficulté rencontrée (« Je vois que ce devoir te stresse, veux-tu qu’on regarde ensemble comment le découper en étapes ? »), il offre un modèle de gestion du stress.
- Quand un parent aide à organiser un plan de travail sans faire à la place de l’enfant, il transmet une compétence de planification.
- Quand un parent valide les progrès plutôt que de focaliser sur les résultats, il renforce l’estime de soi et l’envie d’apprendre.
L’interrégulation est donc un levier puissant, à condition qu’elle soit respectueuse du rythme de l’enfant, sans pression inutile, et pensée comme un soutien à l’autonomie progressive.
Un accompagnement qui intègre la famille
Dans mes suivis, j’accorde une place particulière à ce travail en lien avec les familles.
- Comprendre le fonctionnement de son enfant.
- Ajuster son accompagnement éducatif sans le surinvestir ni l’abandonner.
- S’appuyer sur les forces du lien pour favoriser l’apprentissage.
C’est souvent ensemble, en croisant les regards et les expériences, que nous construisons les bases d’un apprentissage durable, apaisé et plus épanouissant.
Envie d’aller plus loin ?
Ces trucs et astuce sont une première étape. Ils peuvent déjà éclairer certaines habitudes et ouvrir la voie à de nouvelles stratégies.
Mais chaque personne est unique, et un regard extérieur peut faire toute la différence.
Je propose des accompagnements individualisés, pour les jeunes comme pour les adultes, afin de construire ensemble des outils adaptés à votre manière d’apprendre.
Prenons le temps d’en parler.
Que dit la recherche ?
Permet de nuancer l’approche « visuel/auditif/kinesthésique », en montrant qu’elle peut être utile si elle est articulée à une compréhension fine des processus cognitifs.
Rinaldi, R. (2019). Haro Sur les Neuromythes ! Sciences Humaines, 310(1), 5-5. https://doi.org/10.3917/sh.310.0005.
Sur le rôle des émotions dans les apprentissages
Ces ressources confortent l’idée que comprendre et réguler ses émotions est une compétence clé dans la réussite scolaire.
Daffe, V. et Nader-Grosbois, N. (2011). Comportements Parentaux à L’égard des Émotions et des Croyances et Théorie de L’esprit Chez L’enfant. Dans N. Nader-Grosbois La théorie de l’esprit Entre cognition, émotion et adaptation sociale (1re éd., p. 301-321). De Boeck Supérieur. https://doi.org/10.3917/dbu.nader.2011.01.0301.
Infurchia, C. (2014). 4. Entre Perception et Conscience : Les Sensations/l’émotion, Les Émotions/le Sentiment, L’empathie, L’attention, L’espace et le Temps. La mémoire entre neurosciences et psychanalyse (p. 101-199). érès. https://shs.cairn.info/la-memoire-entre-neurosciences-et-psychanalyse–9782749241555-page-101?lang=fr.
Autonomie et apprentissages
Méard, J. et Bertone, S. (1998). 2. L’autonomie Dans les Apprentissages. L’autonomie de l’élève et l’intégration des règles en éducation physique (p. 42-107). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/l-autonomie-de-l-eleve-et-l-integration-des-regles-en-education-physique–9782130491347-page-42?lang=fr.
Le rôle de la métacognition dans l’apprentissage
Coutelet, B. et Rouet, J.-F. (2004). Apprendre à Chercher Dans un Texte : Effets D’un Entraînement à 8 et 10 ans. Enfance, . 56(4), 357-386. https://doi.org/10.3917/enf.564.0357.
Bosson, M.-S.-., Hessels, M.-G.-P.-. et Hessels-Schlatter, C. (2009). Le Développement de Stratégies Cognitives et Métacognitives Chez des Élèves En Difficulté D’apprentissage. Développements, 1(1), 14-20. https://doi.org/10.3917/devel.001.0014.
